Zhuāngzǐ Chapitre 24 : Xú Wúguǐ (徐无鬼) — Xú Wúguǐ

Section : Chapitre divers (杂篇) | Titre chinois : 徐无鬼 (Xú Wúguǐ)

Nommé d’après un ermite qui rend visite au marquis Wǔ de Wèi, ce chapitre est un recueil divers d’anecdotes, de dialogues et de fragments philosophiques. Le fil conducteur — lorsqu’il existe — est la relation entre l’interaction sociale conventionnelle et le Dào, ainsi que les manières dont les maîtres déjouent les attentes ordinaires.

Dans l’épisode d’ouverture, Xú Wúguǐ obtient une audience auprès du marquis Wǔ non pas en offrant des conseils politiques, une stratégie militaire ou une instruction morale — mais en parlant des méthodes d’un expert en chevaux. Il décrit comment le meilleur juge de chevaux évalue les animaux : le juge suprême regarde une seule fois et perçoit le tout — la « forme céleste » au-delà de toute qualité particulière. Le marquis rit avec une joie sincère. Ce que les ministres de la cour n’ont pas réussi à fournir par la flatterie et la formalité, l’ermite le fournit par le naturel.

Le chapitre contient un passage sur le maçon et le plâtrier. Le maçon peut raser une tache de plâtre sur le bout du nez d’un homme d’un seul coup de hache, sans que l’homme ne tressaille. Le seigneur Yuan de Sòng demande au maçon de faire la démonstration de cette habileté. Le maçon refuse : son partenaire, le plâtrier, est mort. Sans la confiance parfaite et l’immobilité du plâtrier, l’habileté du maçon n’a aucun contexte. C’est une parabole du partenariat — l’habileté existe entre deux personnes, non à l’intérieur d’une seule.

Un autre épisode décrit les singes et le gardien de singes. Lorsque leur gardien meurt, les singes se dispersent dans les forêts. Leur comportement collectif dépendait d’une relation, et non des qualités d’un seul membre.

Le chapitre met aussi en scène Zhuāng Zhōu visitant la tombe de Huì Shī et se lamentant : depuis la mort de Huì Shī, il n’a plus personne à qui parler — le maçon a perdu son plâtrier. C’est le moment le plus personnel et le plus émotionnel attribué à Zhuāng Zhōu dans le texte.

Pour l’artiste martial, la parabole du maçon et du plâtrier décrit le partenariat d’entraînement requis pour le Tuīshǒu : l’habileté d’un partenaire ne peut se manifester qu’à travers la confiance parfaite et la réactivité de l’autre. Sans véritable partenaire d’entraînement, même le pratiquant le plus avancé ne peut exprimer toute sa capacité.

Classification savante

Mixte : Transmetteur + autres voix (Graham/Liu). Anecdotes diverses présentant des caractéristiques de l’école des Transmetteurs.

Passages clés en chinois

匠石运斤成风,听而斫之,尽垩而鼻不伤。
Jiàng Shí yùn jīn chéng fēng, tīng ér zhuó zhī, jìn è ér bí bù shāng.
— Le maçon Shí mania sa hache si vite qu’elle produisit un vent. Il rasa chaque parcelle de plâtre sans blesser le nez.
自夫子之死也,吾无以为质矣!吾无与言之矣!
Zì fūzǐ zhī sǐ yě, wú wú yǐ wéi zhì yǐ! Wú wú yǔ yán zhī yǐ!
— Depuis la mort du Maître, je n’ai plus personne contre qui m’éprouver ! Je n’ai plus personne à qui parler !

Paraboles et épisodes clés

  • Xú Wúguǐ charme le marquis en parlant du jugement des chevaux — le naturel réussit là où la flatterie échoue
  • Le maçon et le plâtrier — l’habileté exige la confiance parfaite d’un partenaire
  • Zhuāng Zhōu sur la tombe de Huì Shī — le maçon qui a perdu son plâtrier
  • Le juge de chevaux qui perçoit la « forme céleste » — voir au-delà des qualités particulières
  • Les singes se dispersent lorsque leur gardien meurt — le comportement collectif dépend de la relation

Termes clés

  • Tiān Jī (天机) — Forme céleste ou mécanisme céleste, la totalité au-delà des qualités individuelles
  • Jiàng Shí (匠石) — Le maçon Shí, dont l’habileté exige la confiance parfaite du plâtrier
  • Zhì (质) — Une caisse de résonance, un partenaire contre lequel on s’éprouve et se raffine